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La vraie nature des tests psychométriques

Les tests psychométriques n’ont jamais été aussi prisés. Ils sont partout en milieu de travail. On y fait appel pour l’embauche, l’évaluation ou le développement. Mais qu’est-ce qu’un test psychométrique au juste? Combien cela coûte-t-il? Quels sont les nouvelles tendances et, surtout, les pièges à éviter? Survol.

Selon Claude Paquet, psychologue organisationnel et président de la firme M2D Leadership, le terme «psychométrie» est utilisé à toutes les sauces. «Pour qu’un test soit jugé psychométrique, il doit avoir été validé scientifiquement, dit-il. Et ses résultats doivent être fidèles et généralisables.»

En amont comme en aval, non seulement le test doit-il être de qualité, mais celui qui en interprète les résultats doit être compétent et formé en la matière.

Dans un sondage maison, l’Ordre des conseillers en ressources humaines agréés révèle que plus de 15% des répondants indiquent que leur entreprise a fait l’objet de plaintes ou de poursuites à la suite de l’utilisation de tests psychométriques.

 

Claude Paquet suggère de ne jamais utiliser un test psychométrique seul. Sauf, peut-être, dans les cas où 1000 candidats postulent à 50 postes. «Un premier test permettra de faire une présélection, affirme-t-il. Mais après cela, le test doit idéalement être suivi d’une entrevue, d’une situation de gestion, etc.»

Gare aux tests gratuits sur l’internet ou à ceux offerts à des prix trop beaux pour être vrais. «Il y a une différence entre un essai gratuit et un test complet gratuit, prévient Claude Paquet, CRHA. C’est rare qu’on rende gratuit un outil qui émane d’une démarche scientifique. Idéalement, on demande le manuel de test qui prouvera la qualité scientifique du test. On vérifie aussi que d’autres chercheurs ont corroboré l’information contenue dans le test.»

Parmi les nouveautés dans le secteur: la mobilité. Signe des temps, les gens veulent avoir accès et répondre à leur test, peu importe où ils se trouvent. «Le danger, c’est que n’importe qui peut répondre au test. On prévient donc le client en ce sens», dit Claude Paquet, qui fait passer avec son équipe près de 15 000 tests par année.

Afin de contrer la fraude, l’autre nouvelle tendance est l’ouverture de «centres de testing». Très populaire aux États-Unis et de plus en plus présent au Canada, ce genre d’établissement accueille notamment les cadres, les travailleurs ou les chercheurs d’emploi afin de leur faire passer un test dans un environnement contrôlé.

Formation de spécialistes

Enfin, l’une des autres nouveautés – et elle vise à démocratiser davantage les tests psychométriques – est la formation accrue de spécialistes pouvant faire passer et analyser ces mêmes tests. «Certains éditeurs de tests offrent désormais des programmes de formation, explique Claude Paquet. Ç’a ses avantages. Le problème est qu’une personne formée pour un type de test risque de se promener d’une entreprise à l’autre et d’administrer le même test, même si celui-ci ne correspond pas aux besoins de l’entreprise.»

Par ailleurs, le test psychométrique n’est pas qu’un outil pour mesurer le profil d’autrui. Certains professionnels l’utilisent pour s’autoanalyser. Le Granbyen Yanick Messier est un exemple. À 40 ans, cet avocat de litige en droit civil a décidé de s’offrir un test psychométrique. Et pas qu’un simple test de 200 questions. Il a plutôt opté pour un séminaire de deux jours. La totale.

«Je voulais connaître mes forces et mes faiblesses, savoir si je me surestimais ou si je me sous-évaluais», explique Me Messier.

Selon lui, la démarche a été salutaire. «Ç’a changé la façon avec laquelle j’interagis avec les gens, dit-il. Ç’a remis les choses en perspective. Avant, j’imposais mes standards. Mes attentes étaient trop élevées. J’essoufflais les gens autour de moi. Ce n’est plus le cas. Professionnellement, je suis devenu une meilleure personne.»

Récemment, Yanick Messier a revécu l’expérience. Il a passé un test psychométrique dans le cadre d’une présélection. «C’était pour mesurer si j’étais apte à participer ou non à un séminaire sur le leadership pour les gestionnaires de haut niveau», dit-il.

L’avocat préfère taire la somme qu’il a dû débourser pour passer ce test, tout comme pour ceux passés quand il avait 40 ans.

Selon Claude Paquet, la fourchette de prix varie considérablement. «Ça peut jouer de quelques dizaines à quelques milliers de dollars par personne selon la nature du test et le nombre de gens qui le prennent», dit-il. Pour un test personnalisé, donc construit sur mesure pour un client, le prix varie entre 15 000 et 70 000$. «L’avantage est que le test appartient au client. S’il le fait passer à des milliers de gens, ça lui revient à quelques dollars par personne», observe M. Paquet.